Pour la première fois dans ce blog, voici un copié collé d'un texte. Parce que la radio, c'est d'abord de l'écrit... Le seul écrit qui s'envole d'ailleurs. Voici un texte pour un essai sur une radio publique. Un texte sûrement mauvais puisqu'il n'a abouti à rien. Ou alors peut-être qu'il était mal dit. Aller savoir.Ça fait combien de temps… 2 ans ? Peut-être… 2 ans que je ne m’étais plus assis sur un banc d’essais en votre compagnie…
D’ailleurs, si je me souviens bien, j’ai glissé du banc. Parce que, si ma mémoire est bonne, on m’avait reproché une chose… De ne pas avoir assez lu.
Et comme je suis un rien susceptible… et bien j’ai corrigé cet état de fait… du moins le destin a corrigé tout ça.
D’abord avec la venue dans ma vie d’une jolie fleur…
Une fleur dont la bibliothèque prend quasiment la même place que ma collection de cd… C’est dire.
Oh il ne s’agissait pas là d’une fleur du Coran, ce cher Eric Emmanuel Schmitt n’était pas encore rentré dans ma vie…
D’ailleurs, grâce à la lecture notre couple va bien, puisque l’on se parle très peu :
Nous restons chacun dans notre coin, dans notre bouquin, et quand j'en sors, c’est juste pour évacuer mes angoisses dans mon jardin, histoire de fabriquer un portique et de boire une gorgée de bière en pensant à Phillipe Delerm… Tout en gardant en tête les magnifiques photos parisiennes de sa femme, Martine, tout en chantonnant, vous vous en doutez:
« On est partit avant la fin, du monologue Shakespearien, parti avant de savoir, le fin mot de l’histoire… »
D’ailleurs ne croyez pas que j’ai lu jusqu’à la fin tous les bouquins que j’ai ouvert… non… par exemple, les recueils de textes de Prevert… « paroles, histoires, la pluie et le beau temps »… je m’en accorde, un, voire deux, par dose homéopathique… C’est un tel bonheur, les histoires joyeuses de Prévert ! Barbara, le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un miroir d’étain, la terre qui tourne avec ses grandes flaques de sang, les escargots là au milieu qui vont à l’enterrement, et ces feuilles mortes gisant sur le sol…
Un vrai bonheur, une bonne dose de gaieté… Enfin, ce cher Prévert est comme il est.
Pour en revenir au monologue Sheakspearien et au plantage nocturne de l’archevêque de Canterbury, je vous avouerai que je lis très peu de théâtre…
Ou alors du Boris Vian, Adam et Eve par exemple.
Ou encore, tenez-vous bien parce que des références classiques, j’en ai pas des tonnes non plus :
« Huit Clos », Sartre. Ahhh ça fait bien Sartre…
Merci Madame Binggeli de m’avoir un jour dit cette phrase qui résonne dans encore dans ma boîte crânienne un peu plus remplie qu’avant : «On sent que vous ne connaissez pas bien vos classiques, lisez un peu, Sartre par exemple… »
Je vous ai écouté, je me suis régalé.
Non parce qu’avant, j’étais, comment dire, en adoration pour des auteurs de notre temps, même pas encore morts, qui fréquentent les milieux friqués et surmédiatisés parisiens… qui écrivent des inepties, genre « Nouvelle sous ectasy », «L'amour dure 3 ans » ou encore 99 francs. »
Des bouquins dont vous sortez complètement stoné, tripé, coké, avec cinq maîtresses sous le bras après une bonne cuite… Histoire d’avoir, comme ce cher Beigbeder, une vue sur les fenêtres du monde…
Un monde que je fréquentais pour ces grands bureaux faits de stupeurs et de tremblements, avec une vie monotone, cadrée par des horaires réguliers et son cours de danse… Fini tout ça, maintenant je me plonge dans le petit Robert des Noms propres et je cours m’acheter l’antéchrist de Nothomb, histoire de me prouver qu’il me reste encore quelques traces de folie au fond de moi…
Je dis ça parce que depuis que je me suis installé avec ma copine, que je me suis à lire Allen Carr et que j’ai arrêté la clope… Je suis devenu ennuyeux… Je n’ai plus d’amis … Je philosophe tout seul avec mes bouquins de Khalil Gibran… Je révise mon histoire de seconde guerre avec le liseur de Schlink…
Alors parfois, pour me remettre en selle, je fais des écarts, des grands écarts qui me seront pardonnés car, quand un livre ça vous dit « je t’aime », c’est comme un second baptême… On le prend, on le caresse, on le dévore, on couche avec, on s’endort dans ses pages…
Moi, ça m’a fait ça avec le dernier d’YB, ou Yoram Benzona, un journaliste Algérien. Il s’est mis dans la peau d’un jeune beurre de banlieue qui veut faire Jamel Debouzze comme métier. Un délice de vérité vraie…
Et au rang des histoires vécues, je peux citer « Ils ont changé ma chanson », d’une certaine Corinne Rousset qui a un regard très critique sur sa profession dans sa grande maison de disque…
Non, parce que faut pas croire, là je fais le malin, mais en réalité, c’est la musique qui m’intéresse… les bio sur les artistes que j’aime… et y en a des tonnes. D’ailleurs là, j’ai entamé le plus gros bouquin de toute ma carrière de lecteur… signé Gilles Verlent, ça s’appelle sobrement « Gainsbourg » et ça raconte avec un amour passionné ce grand buveur de vers et tout l’univers qui l’entoure de la traite des Juifs, passant par les yéyés, la décadence et les illusions dans la cour de sa vie.
Par contre, j’ai un secret, un truc inavouable à vous raconter… J’ai une armoire chez moi, un peu planquée… et quand je l’ouvre, il y a … je sais pas si j’ose le dire… de la bd. Oui, j’adore ça aussi.
Je veux pas m’étendre sur le sujet, même si Ayroles et Maïorana, Makyo et Vicomte, Van Hamme, Valès, Loisel, Le tendre, Rosinski, Dufaux et Jiro Taniguchi ont une place inestimée dans mon armoire…